L’origine du nom de notre commune « Dirinon »
La dernière syllabe de ce nom « NON » (qui en breton, s’écrivait « Nonn » dans le Buhez santez Nonn ») est certainement due à Sainte Nonne, patronne de la paroisse. (Eglise et chapelle Sainte Nonne au bourg).
DIRINON est le lieu consacré à Sainte Nonne – comme dans les communes voisines, LOPERHET (Loc Berhet) est le lieu de sainte Berthet (Sainte Brigide) ; LOGONNA (Loc Monna) le lieu de Saint Monna ; LOCMELAR ; LOCTUDY : etc. (Le mot « Loc » -lieu- n’étant utilisé dans la toponymie qu’à partir du XIème siècle).
Mais pourquoi « DIRINON » ?
…Un autre patron de notre paroisse est Saint Divy, le fils de Sainte Nonne, honoré à la chapelle
Saint Divy, au hameau de Lannuzel (voir l’histoire de Sainte Nonne et de saint Divy sous la rubrique « DIRINON » et son passé »).
‘Diri serait alors une contraction du « Divy ».
DIRINON, lieu de Saint Divy et Sainte Nonne.
D’autres suggestions ont été faites dans une monographie écrite au début du siècle par l’abbé LE ROUX, alors recteur à DIRINON.
« Le nom de DIRINON, composé de Dirir et de Nonne, signifie d’après quelques uns « escalier de Nonne » parceque la Sainte patronne avait l’habitude de venir chaque jour de son ermitage qui se trouvait dans le vallon à la chapelle en haut de la côte, à l’endroit où se trouve l’église actuelle. Pour d’autres, DIRINON signifie seulement « Ty Nonne », maison de Nonne. Pour d’autres enfin, il serait de composé de Divy et de Nonne, réunissant ainsi en un seul mot les deux patrons de la paroisse : Saint Divy et Sainte Nonne.
Mais le recteur LE ROUX conclut : selon le chanoine FALC’HUN, DIRINON signifie « chênes de Nonne » : diri, pluriel de dero, chêne (ce chanoine Falc’hun était le cousin du chanoine François Falc’hun.
Bernard TANGUY, lui aussi, professeur de celtique à Brest, dans son « Dictionnaire des noms de communes, trêves et paroisses du Finistère » nous communique les appellations anciennes de la commune et les commente.
« DIRINON, 1173 ; ecclesia Sanctae Nonnitae, 1218 ; Dyrynon, 1574 ».
« Ancien prieuré de l’abbaye de Daouals, DIRINON devrait son nom à Sainte Nonne, dite aussi Nonnite, hagionyme associé au breton diri « chênes ». Mère de Saint Dewi, patron du Pays de Galles, elle a son tombeau dans la chapelle voisine de l’église et sa fontaine à environ un kilomètre au sud-est du bourg, tandis que son fils a sa chapelle à Lannuzel et sa fontaine à Kerverrot. Honorée notamment à Altarnun « autel de Nonn », en Cornwall, à Llannon et à Eglwys Nynnid, au Pays de Galles, son culte a été popularisé outre-Manche par la Vie de Saint Dewi, écrite au XVIème siècle. Il n’est pas impossible qu’à DIRINON son culte se soit substitué à un autre, peut êtr païen, comme pourrait le suggérer la référence aux « chênes ».
Le chanoine François FALC’HUN reprend dans la très belle monographie qu’il a écrite sur DIRINON (éditions Ouest France) l’explication de diri, pluriel de chênes.
DIRI NON se traduirait donc bien : « LES CHENES DE NONNE ».
Le territoire de notre paroisse était en effet autrefois – à l’époque de Sainte Nonne, et même jusqu’à une époque bien plus récente – couvert en très grande partie de bois et de taillis, dans lesquels dominait le chêne (bois souvent peuplés de loups).
Des surfaces boisées importantes subsistent encore à DIRINON – notamment les bois du Roual (ou se trouvent maintenant les centres IMC « Les Pâquerettes » et Ménez Roual), les bois de Brenot au Lannec ; de Lesquivit ; de Penanrun, etc – témoins de cette forêt antique de Talamon évoquée dans le « Vie » de Saint Ténénan.
Souhaitons que les redoutables déboisements des décennies s’arrêtent enfin et que DIRINON justifie encore longtemps son appellation :